Les
CR portent sur :
*
l’enquête « ce qui me fait vivre », (m’entrave, me transforme)
*
la lecture de la « Sagesse »
* les réactions et
réflexions-échanges après les attentats du 13/11 à Paris (et les attentats, en
général)
*
les migrants.
Cette
relecture, par souci de clarté, est résumée en mentions brèves, de style
télégraphique. Elle veut donner les lignes importantes des échanges souvent
très riches. Les équipes apparaissent comme des lieux de dialogues profonds et
confiants : richesse de l’ACI ! La foi en Jésus-Christ s’y exprime, avec des
questionnements et aussi le désir réel d’en vivre et de la rayonner.
LA « SAGESSE
Ce
texte, poétique et prophétique, est perçu comme un pont entre Ancien et Nouveau
Testament.
Il
souligne l’importance de la Justice et semble s’adresser à des responsables.
Il
évoque un Esprit « ami des hommes », qui touche « les
reins, le coeur, la bouche, l’oreille » de façon très incarnée.
Il
met en garde contre les méfaits de l’injustice et d’un comportement
« in-intelligent » parce que dévoyé, résultat d’une vue à court
terme.
Ce
texte est d’une « brûlante actualité » : l’injustice suscite des révoltes ;
médisance et calomnie détruisent l’âme, provoquent des conflits.
Ce
texte ouvre nos yeux sur les excès et les abus de notre société, la part que
nous y prenons : matérialisme, consumérisme outrancier, course à l’argent,
ignorance des pauvres, de leur exploitation, lâcheté, égoïsme. C’est un appel à
la conversion… Conversion possible parce que Dieu est pour la vie ; il
nous parle, nous invite à l’écoute et au silence ; au dépouillement qui
apaise l’esprit et permet d’accueillir la Sagesse.
Etre
attentif aux petits signes, rencontres inattendues, chaque jour, révélant la
présence de Dieu.
« Ce
qui naît dans le monde est porteur de vie ». Hymne à l’Espérance.
CE QUI NOUS FAIT VIVRE
A
l’unanimité des CR, ce qui nous fait vivre ce sont « Les Autres » =
entourage immédiat = famille (le couple, les enfants, les parents ), les
amis ; ainsi que les voisins, les personnes rencontrées à la paroisse, en
ACI.
Quelqu’un
note la mention d’une « vie bonne » avec les autres, par Paul
Ricoeur évoquant 3 pôles : JE, TU, IL.
Ce
qui fait vivre aussi, voire d’abord, c’est d’être en vie, le bonheur de vivre,
la joie de vivre.
On
vit de la beauté contemplée, offerte : celle de la nature, celle des arts :
peinture, musique.
On
vit avec son corps : santé, sport (la randonnée, citée plusieurs fois)
On
vit de ses engagements, importants. Volonté d’être présent au monde dans lequel
nous sommes. « Si je dois interrompre un engagement j’en trouverai un
autre ».
On
est heureux de réussir ce que l’on fait, d’être ce que l’on est.
Plus
rarement est évoquée la Foi qui fait vivre ! sauf que « Dieu est là dans
les moments difficiles, quand je l’appelle ». Sentiment qui n’est pas
partagé par tous.
« Sans
relation, comment témoigner de Jésus-Christ ? » souligne quelqu’un : la
relation peut faire avancer la société.
On
donne l’exemple d’un bref dialogue au guichet d’une administration. Il y a la
queue, les gens s’énervent… « je m’adresse à la fonctionnaire :
la journée a été longue, vous devez être fatiguée ». Sourire et
acquiescement de cette femme, touchée d’avoir été regardée, comprise.
Vivre
avec l’autre peut être difficile, quand il vient d’un autre horizon, a d’autres
repères, m’obligeant à me déraciner, à élargir ma vision en remettant en cause,
peut-être, ce que je vis et ce à quoi je crois.
Un
voeu unanime : vivre en paix, transmettre les valeurs (chrétiennes), prendre
ma part de la vie du monde.
Une
équipe synthétise ainsi tout ce qui a été échangé, ce qui fait vivre
c’est :
la
rencontre du monde, l’attention à l’autre, la bienveillance, le respect,
l’échange, le partage, la réciprocité, la relation, tout le contraire de
l’égoïsme, dans toutes les couches de la société ; la confiance, l’affection.
Ce qui est question, souffrance « on fait peu de place (dans les CR de l’année dernière)
aux personnes âgées, ».
- La vieillesse entraîne tant de limitations : « quand
j’organise une réunion de famille (22 personnes) en camping, tout se passe
bien, mais j’ai senti qu’on prenait le relais, compte tenu de mon âge. « Sympathique,
mais éprouvant, « j’ai pris un coup de vieux ! »
- On perçoit un manque de
considération, voire un rejet « on est les vieux ».
- L’ordinateur: un outil merveilleux, pas accessible à tous,
(coût, difficulté d’apprentissage) peut être un lien mais aussi une cassure.
- La solitude : souvent évoquée, le mal absolu. Quelle que soit la
cause : maladie, deuil, ruptures familiales ou amicales. On n’est plus invité,
on ne sort plus, on ne reçoit plus.
ATTENTATS DE NOVEMBRE - et autres -
Ce
qui est atteint en nous :
-
la dignité, la tolérance, la
solidarité, l’Etat. Le « vivre ensemble » n’en est pas facilité.
-
la vie est méprisée. On tue à
l’aveugle des innocents, on embrigade des enfants, des jeunes.
-
la religion, les religions sont
méprisées, bafouées, utilisées pour le mal. Tels sont nos critères de jugements
Qu’est-ce
qui guide nos réactions, nos jugements ?
- Notre
affectif, un sentiment de révolte, de crainte : et si nos enfants, notre
famille étaient là ?
-
Nous sommes dépendants des infos diffusées
par les média, pour le meilleur et le pire.
-
Le problème de la sécurité devient
premier: « si on n’intervient pas, ça va recommencer, on a peut-être été
trop laxistes ».
-
L’information (TV, radios) tourne en
boucle, « faisant plus appel à l’émotion qu’à l’analyse »
-
Ce sont des compatriotes, élevés en
France, qui ont agi sur place : « des français ont tiré sur des
français ».
-
On se pose à nouveau la question de
l’éducation de l’instruction, de l’école.
-
La presse, les média se sont aussi
fait l’écho des multiples et admirables témoignages de fraternité, d’accueil,
d’entr’aide, de générosité, dans l’immédiat : les voisins, les témoins, la
police, les pompiers, l’ensemble du corps médical, les taxis, tout cet élan
spontané qui raye d’un coup les réflexes de repli, de peur, d’indifférence.
-
Tout ceci se passait chez nous, on
parlait du Bataclan, des terrasses, le Président de la République déclarait
« nous sommes en guerre »
Quels
sont nos critères de jugement ?
-
Il est important de se rassembler, pour témoigner,
célébrer, rendre hommage, et aussi pour se rencontrer, se parler, rchercher à
comprendre.
-
Chercher dans l’histoire des deux
derniers siècles ce qui a pu et peut encore engendrer haine et volonté de
destruction, s’intéresser à l’économie, à la géopolitique.
-
Souffrir chez soi ouvre à l’accueil de
la souffrance ailleurs : de plus en plus de pays et de peuples subissent ce
type d’attaques, cela nous touche moins, c’est loin…
-
« L’Islam » qui persécute et
tue : que connaissons-nous de l’Islam, de ses vérités, de ses fidèles ?
-
Compassion et solidarité avec les
chrétiens persécutés dans le Moyen-Orient, l’Orient extrême, l’Afrique.
MIGRANTS
Quelques
équipes évoquent le sujet :
-
Une paroisse a organisé l’accueil
d’une famille de migrants,
-
Quelqu’un a découvert une trentaine de
migrants albanais, kosovars, logés à l’étroit mais au chaud dans un ancien
presbytère, à Craponne. « Difficile d’oublier leurs visages, leurs
conditions de vie actuelles et leur accueil souriant, offrant un café, disant
deux mots en français. »
-
La société française se coupe en deux
: les plus pauvres, en déshérence de tout, se méfient des politiques qui ne
guérissent pas les maux du pays ; par là ils peuvent se montrer craintifs de
ces plus pauvres encore, venus d’ailleurs, ressentis comme une gêne, une
concurrence, et par ailleurs la prise de conscience et l’action qui doit suivre
vite est davantage le fait de petites entités : communes, associations,
églises.
-
L’accueil de la nouvelle vague
migratrice : comment y répondre ?